Intérêt général, intérêt(s) commun(s) ?

L’intérêt général existe-t-il ? Comment se construit-il ? Est-ce un sujet à débat, à controverse, à redéfinition ? Qui en est le garant ?

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4 réflexions sur “Intérêt général, intérêt(s) commun(s) ?

  1. Suzanne Rozenberg demande ce qui a poussé l’Adels à décliner une différence entre les deux notions d’intérêt général et d’intérêt commun.
    Une esquisse de réponse, pour faire débat, serait que l’idée d’intérêt général vaudrait tant qu’elle est portée par une majorité, une idéologie, un consensus global alimenté par des institutions, une culture, des pratiques partagées. Ce qui n’est plus le cas, loin de là, dans le contexte actuel de crise des représentations.
    Insister sur l’intérêt général aujourd’hui, ce serait donner crédit à ce consensus qui n’existerait plus et qu’il faudrait redéfinir. L’intérêt général serait même un leurre dangereux qui pourrait avoir tendance à ressembler à de la prise de pouvoir par quelques uns (on les appelle les riches, les blancs, les post coloniaux, les libéraux, les citadins…. Suivant qu’on est de l’autre rive)

    Pour cela, il faudrait refaire le diagnostic des intérêts particuliers et collectifs, les frotter les uns et autres (par le dialogue, le conflit, la délibération), ce qui pourrait participer à faire émerger un nouveau « contrat social ».

    C’est une rupture qui pourrait rimer avec VIeme république, démocratie délibérative, participation…. Mais les liens ne sont pas faits entre tous ces espaces où s’inventent l’avenir de la démocratie, loin de là. C’était le présupposé de Dijon. Serge Depaquit, vice-président de l’Adels croit remarquer qu’il n’existe que peu de recherches au carrefour de l’analyse politique et de l’analyse sociale de la crise contemporaine.

  2. Les élus nous affirment régulièrement qu’ils sont les garants de l’intéret général, ce qui pourrait confirmer qu’il existe. En ce cas, il faut évidemment le changer puisqu’il ne prend pas en compte suffisemment une frange de la population qui augmente de façon exponentielle. Mais est-ce aux élus et aux institutions de définir les changements? S’ils le font seuls, il est probable qu’ils tentent une fois de plus de faire le bonheur des gens malgré eux. N’est-ce pas aux populations les moins bien prises en compte par l’intéret général de proposer les changements? Les jeunes, les plus pauvres, les étrangers, les « sans ». On pourrait passer mission au mouvement participatif d’aller chercher les « sans » pour élaborer avec eux les propositions d’évolution dont l’intéret général à besoin pour le rester.

  3. si l’on veut une participation effective, juste, il faut revoir certaines notions, dont celle de l’intérêt général, non pour faire table raze mais pour redéfinir son mode de construction : la politique du logement pourrait être un bon exemple, quel intérêt général était à l’origine des politiques produites? le respect de la propriété privée, la mixité sociale dans les banlieues…., « un logement selon ses revenus » dans le logement social….le bien commun qu’est le logement de tous comment se compose-t-il? quels sont les intérêts en présence? complémentaires? contradictoires? comment construire une politique qui satisfasse la réalisation d’un droit humain fondamental? avec qui? selon quelles méthodes? s’agit-il une fois de plus de décréter d’en haut quel est l’intérêt général? ou de définir les besoins de chaque groupe social, d’organiser la confrontation, la négociation pour arriver à un accord, voire à des désaccords clairement établis et sur lesquels le politique devra trancher, en toute transparence et connaissance de cause??? pourquoi pas un débat national sur le logement qui rendent visibles les besoins, la vie des populations invisibles (voir stéphane beaud et son livre sur le sujet) …..?

  4. Je crois que l’intérêt général n’a pas a être défini, contesté, remis en cause ou controversé. Il existe de fait et, par bonheur, malgré nous. Il n’a ni richesse, ni pauvreté, ni rang social, ni couleur de peau, ni religion. C’est une valeur de la vie à laquelle on adhère ou pas, que l’on respecte ou pas selon que l’on admet la même valeur à chaque être humain ou qu’on veut piétiner les autres pour s’élever plus haut.
    L’intérêt général repose sur un certain nombre de droits humains, même s’ils ne sont pas nécessairement édictés par des lois. C’est le droit de se loger dignement, le droit de travailler avec un salaire suffisant pour vivre dignement, le droit de posséder des biens, le droit à ses croyances ou à ne pas croire, le droit à la différence, le droit à la santé, le droit de communiquer, le droit de se rassembler, le droit de respecter les autres, etc. Bref, le Droit de vivre.
    Il va de soi qu’aussi longtemps que les politiques auront des privilèges à défendre au titre de leur intérêt personnel, l’intérêt général sera bafoué.
    Pour terminer, permettez moi de parodier Jean FERRAT: » c’est un autre avenir qu’il faut qu’on réinvente, sans idole ou modèle, pas à pas. Humblement.
    Joël MASSUARD

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